Nida Tounes n’a jamais fait mystère d’une coalition avec Ennahdha

Je tiens tout d’abord à adresser les remerciements à  mon ami Nabil Maghraoui pour sa grande lucidité intellectuelle et le courrier pertinent  dont il vient de se fendre à l’adresse de Khémaïs Ksila une girouette notoire, versatile et instable, se vendant au plus offrant devenu grâce à ses talents de fayot membre éminent du bureau exécutif de Nida Tounes.
Ce triste sieur, serviteur de ses maîtres et idiot-utile a au moins le mérite d’annoncer la couleur aux électeurs de Nida sur le bon usage que ce mouvement fera de leurs bulletins de vote. En effet, cet homme à la servilité légendaire qui se laisse aller au gré de ses intérêts politiques a déclaré sans ambiguïté  sur sur les ondes de Jawhara FM le 11/10/2014 n’exclut pas une coalition entre Nida Tounes et  Ennahdha sous forme d’un gouvernement d’unité nationale en cas de victoire de son mouvement aux prochaines législatives tunisiennes. C’est comme si le Gouvernement  de De Gaulle à la Libération avait tendu la main à la Milice pro nazie.

Les tunisiens qui rêvent de reconstruire leur pays avec des vrais patriotes et des hommes politiques cohérents et responsables vont être servis avec ce mouvement prêt à tout y compris s’allier avec le diable en personne, en l’occurrence les traîtres et les terroristes d’Ennahdha impliqués dans les assassinats politiques et les représentants des forces de l’ordre du pays.

Il me fait penser à Maya l’abeille du parti de cette autre girouette notoire, le dénommé Haj Chabi, cet homme qui avait passé un pacte avec le diable Ghannouchi en 2007 lors d’un pèlerinage commun à la Mecque, le haut lieu de la barbarie humaine, qui appelait à un consensus avec la Troïka.

La Tunisie ne doit compter que sur son propre peuple, s’il veut, il peut. Mais c’est une toute autre histoire et les doutes restent permis quant à la réelle volonté de ce peuple de prendre son destin en main.
Cet homme insignifiant, guignolesque qui a mangé à tous les râteliers, ex godillot de Ben Ali,  se voit déjà comptable des voix de ceux qui voteraient pour son mouvement, avec lui on passera ainsi du triumvirat Ennahdha-Ettakatol-Cpr au binôme Nida Tounes-Ennahdha qui ne sera pas certainement pas du goût des électeurs demain de son mouvement mus majoritairement par la même motivation : tourner définitivement la page d’Ennahdha.

Avec des tels politicards, irresponsables, velléitaires, qui ne reculent devant rien pour satisfaire leurs ambitions personnelles démesurées et pour qui la fin justifie les moyens quitte à provoquer un séisme politique néfaste pour les fondements de la démocratie, la politique est un cocktail détonant, un salmigondis, un embrouillamini, un fatras d’ingrédients aux propriétés incompatibles et antinomiques, c’est que si l’on mariait la carpe et le lapin. Un cocktail des plus explosifs et mortels et qui finira par achever  le pays miné  métastasé par un cancer au stade terminal.

Les électeurs ont besoin de visibilité et de lisibilité politiques, de clarté dans leur paysage politique, ils ne votent pas pour que les ennemis ou rivaux d’hier deviennent des alliés à la sortie des urnes, leur choix est essentiellement politique. Ils ne votent pas pour Nida qui conclure un projet de gouvernement avec Ennnahdha par exemple, ils votent pour le premier nommé parce qu’ils présentent à leurs yeux une alternative crédible à la politique calamiteuse de cette dernière et son projet de société ultra-réactionnaire et régressif nonobstant les hypothèques qu’elle fait planer sur la souveraineté nationale.  Il ne s’agit pas pour eux de donner un blanc-seing à Nida qui n’est pas propriétaire de leurs voix afin qu’il fasse renter Ennahdha par la fenêtre là où ses électeurs l’avaient sortie par la porte.  Un élu ne peut pas réhabiliter ce que ce que ses électeurs sanctionnent.

Le respect de la volonté des électeurs est une règle sacrée qui interdit toute manoeuvre susceptible de dénaturer leur choix politique.  Un vote dévoyé aujourd’hui sera le vote-sanction plus tard.

Ce moussaillon qui se rêve en capitaine doit revoir ses fondamentaux quant au sens premier du vote qui n’est pas un mandat pour la vie et confère des droits exorbitant au mandataire-élu.

En tant qu’expression majeure de la volonté populaire, il ne peut être sujet à des tentatives de politique politicienne de détournement à des fins autres que celles définies par le contrat social qui lie les électeurs et les élus.  S’il n’a pas lu le Contrat Social de J.J. Rousseau ce serait plus que jamais l’occasion pour lui de s’y mettre afin qu’il comprenne s’il a la lucidité nécessaire qu’en démocratie nul n’est maître de la volonté de ses électeurs «  Les députés du peuple ne ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. » (Contrat Social, Livre III, CH.)

On ne construit pas une démocratie par le viol de la volonté du peuple ni par des alliances contre-nature qui finiront par éloigner les électeurs des urnes et ouvrir un grand boulevard aux partis fascistes qui savent mieux que quiconque surfer sur le désarroi et le découragement des électeurs.

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