Dans la culture musulmane c’est aux victimes demander pardon à leurs bourreaux

Le révisionnisme est l’art de faire de la victime un coupable et du coupable une victime. C’est à cette nouvelle figure de style ubuesque que s’attellent les laudateurs invétérés de l’ex Néron tunisien. Aveuglés par leur antipatriotisme et frustrés d’avoir perdu leurs privilèges de sous-fifres et de petites mains de l’ancien régime, ils se livrent aujourd’hui à une campagne scélérate et ignominieuse de réhabilitation de Ben Ali afin d’en faire l’ultime recours pour sauver son peuple du bourbier islamiste. Ce peuple parait-il auquel l’ex Néron vouait un amour infini. Un amour certainement vache. Il n’ya pas effectivement mieux qu’un pyromane pour éteindre le foyer de feu qu’il a allumé.
Au lieu de réclamer à leur chef mafieux de restituer tous les avoirs dont il a délesté le peuple, ses partisans s’emploient à vanter ses qualités de patriote et d’homme intègre. Dans leur logique discursive, aussi incohérente que leur perversité intellectuelle, laissant croire que tout ce qu’il a fait, il l’a fait dans un esprit de grande magnanimité pour préserver la dignité et l’ honneur du peuple.

En d’autres termes, Ben Ali aurait mis la Tunisie sous sa coupe réglée rien que par amour de son peuple. Tous ces milliards volés n’ont pas été volés, ils ont simplement été soustraits de l’appétit gargantuesque du peuple afin de lui épargner les risques de la surcharge pondérale, cause de morbidité importante. Il n’a fait que voler pour le bien de son peuple. Travestir la réalité pour vider la Révolution des indignés de toute sa substance et la réduire au simple stade d’un incident de parcours, si insignifiant qu’il serait dérisoire d’en faire un symbole de la fierté nationale retrouvée. Foin de révolution, et regrets éternels d’avoir creusé sa propre tombe.

La réhabilitation de Ben Ali devient une sorte d’opération de rachat pour les Tunisiens ingrats, déloyaux et non-reconnaissants. S’ils ont été appauvris à son profit et celui de sa clique mafieuse tout compte fait par simple nécessité thérapeutique.

Asséner une contre-vérité d’une violence intellectuelle inouïe de telle sorte à ce qu’elle devienne une vérité absolue. Nier les évidences et rabaisser les Tunisiens, en vue de susciter en eux une amnésie collective et une contrition pour solliciter le pardon à Ben Ali pour l’humiliation qui lui a été infligée. Imputant ainsi au peuple tunisien les des crimes et les forfaits commis à son préjudice par la mafia Ben Ali-Trabelsi.  La victime n’a qu’à se résigner à son sort de victime et laisser les coudées franches à son affameur de l’affamer encore et toujours jusqu’à ce que mort s’en suive.  Sinon elle devient coupable d’avoir cherché à briser les chaînes de l’indignité et de l’oppression.  Il est vrai que ce grand ami du peuple tunisien a fait preuve d’une morale politique au-dessus de tout soupçon et d’un comportement irréprochable qui n’auraient jamais dû provoquer le séisme politique qui l’avait emporté.  Ce peuple ingrat aurait dû se laisser faire et rester les bras croisés afin de pas se rendre coupable d’outrages à sa majesté Ben Ali connu pour la modestie de son train de vie, le double de celui de Sarkozy pendant sa mandature élyséenne qui n’avait pourtant pas la réputation de prendre soin de l’argent des contribuables français.

À les entendre, il serait innocent tous les crimes économiques et de droit commun que lui et ses agents macoutes avaient perpétrés. Comme si eux-mêmes n’étaient pas ses nervis et qui pouvaient se targuer d’avoir les mains propres. Ne sont-ils pas justement eux aussi ces innocents aux mains sales. Son régime aux relents duvaliéristes évidents est devenu de comme par un tour de prestidigitation un régime des plus honorables et fréquentables.

À croire que le peuple et  serait responsable de tous ses maux passés et présents dont la plus vaste opération de rackette jamais connue dans l’histoire humaine dont il était l’objet. S’il en est là, il n’a que ce qu’il mérite. Une contre-vérité implacable qui en dit long sur l’état d’esprit malveillant, pernicieux et pervers des séides benaliens qui sont aujourd’hui comme des caves qui se rebiffent. Se réjouissant par la descente aux enfers de la Tunisie, comme si elle pouvait être imputable à ce peuple tant meurtri et marqué dans son âme et sa chair par 23 années de despotisme mafieux. Aux yeux de ces zélateurs-nostalgiques-complices de l’ex Néron, il n’y a pas lieu de mettre Ben Ali sur le banc des accusés. La partie civile serait plutôt Ben Ali et le coupable est le peuple lui-même qui n’a pas su pérenniser le système mafieux mis en place depuis le 7 novembre 1987.

L’épée de Damoclès censée coupée la tête de Ben Ali et de tous ces nervis est actionnée contre le peuple tunisien, tel est le sens de cette manoeuvre éhontée et criminelle. Innocenter Ben Ali pour inscrire au passif des Tunisiens tous les cadavres et les affaires de détournements de fonds, de spoliation, de corruption, de népotisme, d’évasions de capitaux, d’enrichissements indus, d’expropriations arbitraires, d’abus de privilèges, de disparitions mystérieuses, d’actes de piraterie maritime, de meurtres maquillés en suicide, de favoritisme, de clientélisme, de malversations, de rackets érigés en mode de gouvernement, des royalties versées en monnaie sonnante et trébuchante aux agents de la propagande benalienne en France comme ailleurs, les sites protégés déclassés, les terrains offerts généreusement aux serviteurs les plus zélés, etc.. Comme si Ben Ali avait géré le pays en bon père de famille, avec un souci du bien commun et d’impartialité rare. Tous ces morts et ces blessés ainsi que tous les grondements du volcan tunisien qui tonnaient depuis 1978 avec des points d’orgue en 2008 et le 17 décembre 2010 et le don de sa vie pour la dignité de son peuple de Mohamed Bouazizi auquel je rends hommage en ce jour du 19 août 2012, n’étaient pas un signe avant-coureur de l’éruption du volcan tunisien qui a enseveli par sa larve la mafia Ben Ali-Trabelsi en attendant celle Dieu dont le sort est scellé.

Nombreux ex-rcdistes ont voté Ennahdha pour une mise en scène d’une mort programmée de cette secte des bas fonds wahhabites en vue de faire apparaître Ben Ali comme l’unique sauveur du pays après l’avoir pourtant liquéfié. Ses partisans commencent d’ores et déjà à chanter ses louanges et le victimiser pour aviver les regrets des Tunisiens d’avoir manqué de discernement. Du tragique de 1987-2011 au comique de la réhabilitation indécente de Ben Ali qui constitue une véritable offense à tous les morts, blessés et disparus sous son règne. Le dénigrement dont ils font preuve à l’égard de la Révolution tunisienne n’est rien d’autre qu’une manoeuvre irrévérencieuse pour la Tunisie afin draper Ben Ali dans les habits de la dignité et jeter l’opprobre sur le peuple qui selon eux serait indigne et ingrat. Leur message peut se résumer comme suit : après avoir tué le père qu’il fut, ressuscitez-le pour votre rédemption.

En conclusion, les Tunisiens après avoir dégagé Ben Ali et ses acolytes sauront faire subir le même sort à leurs nouveaux prédateurs-affameurs. Un peuple qui a su briser les chaînes du despotisme une fois, saura le faire une nouvelle. Réhabiliter Ben Ali revient à infliger une nouvelle mort à La Tunisie et raviver toutes ses blessures passées et présentes. La Tunisie ne retrouvera sa véritable dignité que le jour où Ben Ali et tous ses affidés seront jetés du haut de la Roche tarpéienne.

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