Il n’y a que Charlie Hebdo qui goûte à l’humour de l’islam

 

Article daté du 24 septembre 2012

Charlie Hebdo manie l’humour, la raillerie, la dérision, la satire, la moquerie comme les  musulmans manient l’injure, l’anathème, l’inquisition,  les appels au meurtre, la décapitation, la lapidation, la violence terroriste et l’invective. Entre les deux, il y a un gouffre culturel abyssal  comme celui dans lequel est plongé le monde musulman. C’est pourquoi cette forme d’expression  de l’esprit qui caractérise l’hebdomadaire satirique est perçue par les intégristes musulmans comme une offense et une atteinte à leur dignité.

Mais le plus étonnant dans cette effervescence inquisitoriale et d’appels au djihad pour sauver l’Islam mis en danger par une simple caricature, est l’attitude guignolesque et burlesque du Recteur de la Mosquée de Paris, connu pourtant pour son sens de la mesure, n’a pas hésité à qualifier comme un acte ignominieux et d’incitation à la haine de l’Islam.

Heureusement que le ridicule ne tue, contrairement aux attentats terroristes de ses coreligionnaires radicaux. Cet homme aurait été certainement mieux avisé à appeler les musulmans de France à prier  le 11 septembre jour de commémoration de la mémoire des victimes des attentats des Twin Towers perpétrés par ses propres coreligionnaires, comme il aurait pu associer les musulmans de France à la célébration de la journée des victimes françaises du terrorisme, au lieu de se livrer au  porte-flingue des intégristes.

Que cette caricature  soit blessante, choquante, inopportune, venue attiser les feux de la haine anti-Islam selon certains, cela reste à prouver, mais ce qui n’est plus à prouver aujourd’hui est le fanatisme et frénésie grotesque et infamante  qui gangrènent le monde musulman, voire les démocraties occidentales. C’est moins Charlie Hebdo et son côté trublion qui est à condamner que l’esprit fermé et rigide d’une frange de musulmans devenue de plus en plus contagieuse pour ses propres condisciples. Ce déferlement de violence suscité  par une simple caricature n’est pas à l’honneur des musulmans, il ne fait que jeter l’opprobre sur l’Islam et alimenter les phobies antimusulmanes.

Qui peut encore croire au vu des images inquisitoriales et effrayantes renvoyées par le monde musulman lui même que l’Islam est une religion de paix et d’amour ?

La force de l’homme est de pouvoir se maîtriser mentalement en toute circonstance et de ne pas céder à la provocation, alors que sa faiblesse est dans la manifestation de grande fébrilité face à l’adversité et son recours à la violence qui  n’est rien d’autre que l’expression de sa cruauté mentale dont il fait sa seule arme pour intimider voire détruire son adversaire ou supposé tel. Quand on perd la raison, on ne pense pouvoir exister que dans la destruction de l’autre. Un trait caractéristique chez les schizoïdes-paranoïdes.

De toute évidence, il est impossible de faire l’économie d’une approche de sémiologie psychiatrique pour comprendre et  analyser toutes ces manifestations de signes, de syndromes et de symptômes  observés au cours des états de troubles psychiques et d’hystéries collectives récurrents chez les sujets intégristes musulmans.

En effet,  rien ne peut justifier l’ampleur de leur réaction si ce n’est leur propre mal-être et leur profonde souffrance qui leur font perdre tout sens de la raison, se réfugiant ainsi dans un univers idéalisé  complètement déconnecté de la vie réelle qui serait la  contrepartie de l’amertume de leur existence mais qu’en même temps ce monde fantasmé et halluciné devient accessible s’ils réalisent la mission messianique dans ils se sentent investis.

Oisifs, marginalisés, ghettoïsés, asociaux, borderlines, ils sont comme des corps sans âmes, incultes, assoiffés de revanche sociale pour certains, nourris de la haine de l’Occident et de tous ceux qui n’ont pas leurs attributs psychosociologiques, désuets, réactionnaires, pris dans un tourbillon de délires cosmiques, ethnocentriques et égocentriques ils s’imaginent les maîtres du monde alors qu’ils en sont la lie. Endoctrinés outrancièrement, ils trouvent une compensation dans l’enseignement religieux à la misère sociale et psychoaffective de leur vie. Ainsi, la religion devient un marchepied pour leur gloire future dans un monde meilleur dans l’au-delà. Ils ne peuvent pas par conséquent tolérer que l’on puisse remettre en question, dénigrer ou ridiculiser leur univers fantasmé et idéalisé qui leur permet de transcender leur grande détresse humaine et leur désespoir de la vie. Vouant un véritable culte à la mort sacrificielle, ils se veulent les brigades des martyrs sur la voie d’Allah.

En se muant ainsi en fer de lance de leur religion, ils se dotent d’un statut propre aux organisations sectaires et mafieuses qui leur octroie  des privilèges que la société ne leur a pas donné.  Erigés en protecteurs  et vengeurs de leur foi souvent pour des futilités, alors que leur religion est synonyme d’archaïsme et de sous-développement, ils sortent du bois affublés de leur barbes et kamiss afghans à chaque fois que leur religion fait l’objet de moquerie, comme des rats sortant de leurs tanières, agitant le spectre de la violence réactionnelle, promettant les pires châtiments aux insolents. Dans ce contexte, où deux visions antinomiques du monde s’affrontent, où les uns utilisent le langage de la raison et les autres emploient le langage de l’inquisition, il est somme toute logique que les intégristes musulmans comme les pseudos musulmans modérés puissent répondre de manière appropriée et adaptée à tous ceux que le comportement irrationnel et immodéré des musulmans interpelle.

En répondant d’une manière qui dépasse l’entendement humain, ils ne font que valider les accusations hostiles et inamicales à l’égard de l’Islam. Il est légitime qu’ils expriment leur indignation face aux  griefs de violence, de fanatisme et d’intolérance dont on gratifie leur religion, mais ce qui est surprenant au lieu de les infirmer par une attitude civilisée et républicaine, ils se font fort de les conforter et renforcer la thèse du caractère intrinsèquement violent et liberticide de l’Islam. Au lieu de circonscrire un feu de paille, ils en font un incendie gigantesque capable d’embraser le monde. Voilà comment une simple affaire de caricature prend les allures d’un Tsunami planétaire. Partout dans le monde, on installe des digues pour se protéger du ras-de-marais et des torrents de boue islamiste qui risquent de l’emporter.

Ceci démontre surtout que le monde musulman est immature, à contre-courant du monde contemporain, aux mœurs moyenâgeuses, miné par le sectarisme et la bondieuserie, le plus grave est qu’il est en pleine décomposition cellulaire.  Il ne s’indigne jamais pour les crimes terroristes accolés à sa religion mais il s’indigne pour un simple fait de droit humain qu’est la liberté d’expression. Il est vrai que le mot liberté n’est pas leur vertu première, inconnu du texte fondateur de l’Islam. Le paradoxe chez les musulmans est qu’ils sont les premiers à revendiquer la liberté de religion en Occident mais qu’ils sont aussi les premiers à réclamer la censure de la liberté d’expression, outre leur intolérance dogmatique au droit à la différence et à la liberté de culte au sein de leurs propres pays.

Charlie Hebdo n’a pas tué le Prophète en le caricaturant sous des traits grossiers et humoristiques qui  au sens du droit français n’est ni un délit, ni un crime, il n’a fait que traduire de manière acerbe et authentique l’image que les intégristes brossent eux-mêmes du Prophète. Quant à sa satire qui leur  semble déplaisante, elle est conforme aux lois de la République, mais sur-réagir avec une telle violence et vouloir appliquer la loi du Talion est une violation criminelle des lois républicaines. L’outrecuidance dont les musulmans radicaux font preuve est autrement plus inquiétante quant à l’avenir sombre qui se profile dans l’horizon des démocraties occidentales.

On peut très bien imaginer demain un maire de confession musulmane ou même pas, dans une commune où vit une forte minorité musulmane prendre un arrêté municipal pour interdire la vente sur le territoire de sa commune d’un livre qualifié d’anti-islam au motif qu’il est susceptible de provoquer des troubles d’ordre public parce qu’il est attentatoire à l’honneur de ses administrés musulmans qui sont surtout son fonds de commerce électoral. Ce qui met à nue les limites du droit de vote dans les élections locales accordé aux étrangers non-communautaires. Evidemment qu’un tel arrêté relève de l’utopie mais rien n’est à exclure pour autant.

Quand bien même Charlie Hebdo aurait gaffé, il revient à la justice de qualifier pénalement cette éventuelle offense à l’honneur du Prophète. Nul n’est au-dessus des lois, comme nul n’est censé ignorer la loi pour quelque motif que ce soit, surtout quand on veut se prévaloir du sacré pour interdire la liberté d’expression. Quand on vit dans un Etat de droit et que l’on ne manque pas une occasion pour revendiquer sa liberté de religion, il faut savoir que la contrepartie est le respect total et absolu de l’ordre républicain.

De la même façon que la liberté de religion est inscrite comme la liberté en lettres d’or dans la Charte Universelles des Droits de l’Homme et du Citoyen considérée pourtant comme incompatibles aux préceptes coraniques, les musulmans doivent savoir que la liberté d’expression l’est aussi, et sinon plus du fait de son universalisme et rationalisme. Elle n’est ni pénalisante ni oppressante  pour l’homme, elle le maintien pas non plus dans une armure carcérale comme la religion ni ne cherche  non plus à l’aliéner, elle est libératrice et constitue un facteur fondamental d’enrichissement humain et de rapprochement entre les hommes.

La liberté de religion divise les hommes, la liberté d’expression transcende les clivages et les barrières linguistiques, culturelles et ethniques, elle est un langage véritablement universel. La religion est pour la liberté, ce que la mort est pour la vie. Contrairement aux assertions des croyants, il n’y a pas plus sacré que la liberté dans toute ses formes et ses reliefs. Qu’est ce qu’il y a de plus vital chez l’homme si ce n’est sa liberté seule à même de l’aider à briser les chaînes de sa prison mentale dans laquelle l’enferme la religion ?

Ce n’est pas par hasard que les pays de la théocratie musulmane répriment la liberté d’expression de peur qu’elle ne serve de révélateur à la nature liberticide de la religion. On réprime la liberté pour mieux dominer l’esprit des gens et maintenir sur eux cette chape de plomb qui obstrue leur voie sur le chemin de la dignité. Un système de croyance ne peut fonctionner et prospérer que sur le sentiment de comptabilité et de rédemption, aussi pour se maintenir et se développer, il ne peut se résoudre à l’existence d’un système réfléchi et raisonné démystifiant son imposture. C’est pourquoi, la religion censure et prohibe la liberté, jugée comme un sacrilège, car elle donne aux croyants les outils qui leur permettent de s’en affranchir et entrer dans l’âge adulte.

Salem Benammar

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