A quoi joue le FN en se donnant à un ex chevènementiste ?

Vous allez voir ce que vous allez voir avec le FN, je n’ai vu que les visions de Mahomet pendant ses crises d’épilepsie. Tant qu’il continue à faire une dichotomie entre l’islam et l’islamisme, il est et restera un parti du système. Un terrain où il part battu d’avance car il ne correspond pas à sa marque de fabrique politique originelle. Il ne suffit pas d' »expulser » J.M. le Pen pour marquer une réelle rupture avec l’héritage lepéniste  et de supprimer le défilé du 1 er mai consubstantiel au parti pour des pseudos raisons sécuritaires, une pure manoeuvre démagogique qui n’honore pas le parti, pour apparaître aux yeux des Français comme un fiancé potentiel.
Il est à douter que cette nouvelle ligne politique qui est un espèce de maelstrom souverainiste et social-démocrate tendance europhobe qui serait plus de l’ordre du lifting qu’idéologique lui permette de franchir un palier supérieur.

Sortir en tête à mi-course dans des compétitions qui ne mobilisent pas tous les Français est une chose gagner la course de ces mêmes compétitions en est une autre. A chaque fois il a du mal à transformer l’essai et pas seulement à cause du rempart républicain. Le scrutin n’est pas seulement une alchimie arithmétique où l’on additionne les voix des uns et des autres, il est également et surtout une offre politique forte porteuse d’espoir et d’espérances, qui a quelque chose d’irrationnelle, de transcendantale, qui fait souffler un vent du renouveau, un stimuli qui excite et fait vibrer les électeurs et leur procure un sentiment de changement profond. Le tous pourris n’est pas un projet politique et sociétal, un catalyseur des énergies des Français et un antidote à leur désarroi actuel, leurs peurs et angoisses à cause de la banalisation du phénomène terroriste et l’impuissance tragique de leurs gouvernants pour éradiquer ce mal.

De là à l’imaginer triompher dans les épreuves de premières catégories où les électeurs sont plus impliqués le FN a encore beaucoup de chemin à faire.

Est-ce qu’il a vraiment envie de le faire en confiant le pilotage du FN « new wave » à un islamo-compatible et ex chevènementiste pour conférer au parti une identité citoyenne, qui est en train de donner au parti des allures social-démocrates ?

Le virage actuel apparent ou réel en dit long, quel que soit le cas de figure, sur le nouvel état d’esprit frileux du FN, à mettre le holà sur l’engeance qui mine les fondements de la nation française. Trump, un homme dont je ne suis pas partisan, n’a pas hésité un seul instant à frapper là où personne avant lui n’a osé le faire. La politique c’est le courage et l’affirmation de la manifestation de sa volonté contre vents et marées.

Il n’y a aucun honneur à gagner la partie au prix de la compromission avec ceux-là-mêmes qui sont porteurs d’une idéologie hégémonique et impériale qui est à l’origine directe du cauchemar des Français et de ses propres succès électoraux dans les derniers scrutins.
Une forme de schizophrénie semble le frapper de plein fouet. Obsédé par la dédiabolisation il ne cesse de donner des gages sémantiques aux faiseurs des rois et au camp antagoniste.

Trump avance billes en tête sans se poser des questions ou plutôt poser les vraies questions avec des solutions à la clé, avec audace et détermination comme un buffle sans se soucier le moins du monde des dégâts occasionnés, ne cherchant ni à plaire ni à séduire. Il ne minaude pas et ce n’est pas pour autant que son style ne plaît pas à une bonne partie de l’électorat américain et lui fait perdre du terrain. Bien au contraire. Son exemple doit pouvoir inspirer ce parti qui se cherche une nouvelle identité politique.

Il doit apprendre qu’il vaut mieux perdre les élections en disant la vérité aux Français et formuler des propositions choc, plutôt que de banaliser sa politique, de jouer au fiancé idéal pour la France, en se donnant des airs jeunes lauréats de grandes écoles et d’adopter une posture républicaine de façade pour séduire et rassurer les lobbys, les médias, et les électeurs de tous bords.
A trop vouloir devenir un parti de pouvoir, il ne sait pas que le pouvoir est aux partis qui osent rompre avec le politiquement correct et sortir des sentiers battus comme la jeune formation allemande créée en 2013 l’Alternative für Deutschland (Afd)qui vient d’infliger une claque électorale à Merkel.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/les-chevenementistes-du-fn-sont-ils-des-brebis-egarees-13-12-2013-3406203.php

Il a beau vouloir couper le cordon avec son fondateur, s’attaquer aux symboles lepénistes, accueillir à bras ouverts des ex chevènementistes en donnant même les clés de la maison à Philippot, mais il en faut un vrai parti pour être un vrai parti du changement.

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