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Le mythe d’al-ijtihad car il n’y a de voie pour les musulmans que dans le djihad

paris

N’étant pas moi-même ni linguiste, ni historien de l’islam, ni théologien et encore moins un islamologue comme si l’islam pouvait être une science fondamentale et le Coran et la Sunna étaient des puits de science, il m’est apparu nécessaire de renseigner les lecteurs sur la différence entre al-ijtihad et le djihad sur lesquels les musulmans soit par ignorance soit par mauvaise foi continuent à entretenir une confusion de nature à induire leurs interlocuteurs en erreur du type le vrai djihad n’a aucune finalité belliciste et guerrière qu’il est un combat intérieur qui appelle les musulmans à faire un travail personnel sur eux-mêmes pour donner du sens à leur vie qui leur permet d’aller de l’avant. Ni le djihad ni al jtihad ne posent les jalons de la personnalisation de la voie que chaque musulman dit emprunter.

La voie dans l’slam n’a jamais été personnelle elle est commune à tous les musulmans dont les seules sources sont le Coran, les Hadiths et la Sira.

Le vrai combat, le djihad, fardh ayn, pour les musulmans n’a jamais la lutte non pas contre soi et les tentations auxquelles les fidèles pourraient se trouver exposés contrairement aux idées reçues qui ne trouvent leurs sources ni dans le Coran ni dans les tafsirs, les exégèses.

« Le jihâd majeur, ce qui est une vue de l’esprit, une aberration et un abus de langage qui renvoie plutôt au djihad mineur cher aux soufis, est l’effort que doit faire tout musulman pour lutter contre lui-même, les penchants de son âme, contre son égoïsme et ses instincts » c’est contre ceux qui ne sont pas dans le sentier d’Allah, en l’occurrence les ennemis de l’islam.
Comme toujours avec l’islam il y a autant d’interprétations que de concepts théologiques qui s’opposent entre elles et qui sont l’expression surtout la pauvreté théologique, du désert spirituel et du manque flagrant de clarté du Coran, inconsistant et indigeste, et des Hadiths apocryphes et hagiographiques.

Pour faire simple, le djihad ou jihad qui veut dire littéralement guerre sainte offensive ou défensive est une obligation « martiale » qui pèse sur tous les musulmans (Allah a élevé les djihadistes au-dessus des musulmans dissipés).

La notion d’al ijtihad signifie littéralement l’effort de réflexion et de raisonnement à atteindre pour les justes avis juridiques. Il relève du domaine réservé des savants (ulamas ou muftis) appartenant à l’une des 4 écoles juridiques sunnites reconnus par leurs pairs contemporains, appelés mujtahid, seuls capables par leur haut niveau de « savoir » d’entreprendre cet effort de réflexion.

Pour ceux qui n’ont pas cette capacité de fournir l’effort jugé nécessaire pour élaborer des normes et des jugements qui deviendront par la suite un code réglementant la vie des fidèles, qui est en principe du seul pouvoir d’Allah, doivent se borner à suivre (taqlid qui veut dire en arabe copie, imitation, routine, acceptation des préceptes en l’état sans aucune remise en cause).

Al-ijtihad dont le déclin a commencé avec l’Ecole théologique dogmatique Acharite au X e, ennemi jurée des Mu’atazilas, et pour finir par disparaître définitivement de la pensée islamique avec l’avènement du Califat Ottoman et l’invasion mongole au XIII e siècle pour laisser la place au littéralisme, était fermé aux masses musulmanes ni même à leurs imams et tous les apprentis prédicateurs amateurs des fatwas qui ont une obligation absolue d’obéir à al manhaj, la voie tracée, il est restreint aux seuls jurisconsultes, fuqaha, confirmés, reconnus et choisis par la communauté des savants qui sont en droit d’apporter l’éclairage juridique nécessaire aux croyants sur la nature de l’action en conformité aux textes fondateurs ( halal, haram, réprouvée, permise, …). L’heureux élu doit satisfaire aux conditions ci-après pour prétendre au statut de mujtahid :

1. Il doit être musulman.

2. Il doit maîtriser la langue arabe.

3. Il doit maîtriser le Qur°ân et ses sciences annexes.
4. Il doit maîtriser la Sunnah du Prophète (que La Grâce et La Paix d’Allâh soient sur lui).
5. Il doit maîtriser les fondements de la jurisprudence islamique.

6. Il doit connaître les points sur lesquels les savants ont établis un consensus(ijmâ’).
7. Il doit saisir les objectifs globaux du Législateur en ce qui concerne l’élaboration des lois et de la jurisprudence.
8. Sa capacité de compréhension et son intelligence doivent être d’un haut niveau.
9. Il doit être éloigné des innovations blâmables et des croyances hérétiques.
10. Il doit être pieux, compatissant, modeste, sincère et oeuvrer pour Allâh (qu’Il soit glorifié et exalté).(http://www.at-tawhid.net/article-definition-du-mujtahid-tahir-kiani-115401382.html)

Il est clair al-ijtihad ne rime guère avec interprétation des textes fondateurs et ce afin d’éviter toute entreprise de réfutation préjudiciable à la parole d’Allah jugée irréfutable car sacrée. La sourate 3 d’Al-Imrane dans son verset 7 est sans appel sur le sujet de l’interprétation ce qui devrait calmer les ardeurs de personnalisation de l’islam observées chez la majorité des musulmans : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à d’interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au coeur une inclinaison vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur! » Mais, seuls les doués d’intelligence s’en rappellent. »

Contrairement aux idées reçues il ne s’agit pas d’une quelconque entreprise de travail de rationalisation et d’introspection afin de personnaliser sa relation avec sa foi et l’adapter à ses besoins. Les textes fondateurs sont immuables et intemporels.

Depuis cette époque qui coïncide comme par hasard avec cette très longue nuit noire dans laquelle est plongée le monde musulman qui dure depuis 10 siècles le concept du djihad règne en maître dans la théologie musulmane.En tournant la page d’al ijtihad ayant ainsi fermé définitivement la porte à la pensée humaine comme une 3 e voie dans l’interprétation des textes sacrés et ils ont ouvert celle de l’obscurantisme et la terreur dans toutes ses formes politiques, humaines, intellectuelles, morales.