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Le suicide tunisien

Le présent article date du mois de mars 2013. Je le livre aux lecteurs en l’état. J’aurais souhaité que les nervis de la déconstruction humaine de la Tunisie me donnent tort et mille fois hélas ils ont été au-delà du pire. En faisant de l’Etat protecteur de l’islam ils ont consacré la dissolution définitive de la Tunisie dans l’Oumma islamique, bien pire que le Reich nazi. On ne construit pas un Etat moderne et unitaire en le plaçant sous la tutelle de l’islam qui est foi et loi à la fois.

Les idéaux de la révolution tunisienne : dignité, travail, liberté et égalité. Les idéaux de la future constitution : Allah, Mahomet, la l’islam, l’arabisme dans le sens de wahhabisme, le djihad, la Palestine, l’exclusion des femmes, les valeurs du sacré, la nécrophilie, la zoophilie, le halal et le haram, la pédophilie, la Palestine, l’oumma, la fraternité musulmane, le rigorisme, le viagra, l’éclatement de la cellule familiale, les mariages précaires, les femmes jetables, l’abolition du planning familial, le retour au foyer des femmes, la déscolarisation des filles, plus d’écoles pour tous, plus d’enseignement des sciences humaines et des sciences sociales, amputation des voleurs, déculpabilisation des violeurs, plus de santé publique, le viol sacralisé et institutionnalisé, la fitna, le capitalisme sauvage, la charia, la lapidation, le Califat, l’ultra-conservatisme social, l’esprit des castes, le Qatar, le racisme anti non-musulman, l’apartheid sexuel, social et religieux, l’apostasie, la peine de mort.

Autant de valeurs dégradantes, avilissantes, aliénantes, castratrices,  liberticides et indignes de la condition humaine et autant de freins inhibiteurs pour la construction d’une société humaine et progressiste. Mais tant qu’elles sont musulmanes, les Tunisiens ne vont pas les rejeter de peur de devenir des apostats.

Le choix est simple soit l’islam et ses valeurs rétrogrades,  racistes, féminicides, culticides, négatrices du droit à la différence, castratrices, réactionnaires, obscurantistes et totalitaires, soit les droits fondamentaux garantis par une constitution humaine, démocratique, sociale, plurielle, et humaniste. Elle est peut-être imparfaite comme le prétendent les bigots mais au moins elle libère les énergies et respectueuses des droits de l’homme et des libertés publiques.

Une constitution ouverte, démocratique, garante de toutes les libertés et qui ne consacre pas l’Etat comme gardien de la foi,  a toutes les chances d’éloigner les tunisiens de la tutelle de la religion c’est pourquoi ils veulent créer des garde-fous institutionnels pour empêcher toute tentative de résilience et de rupture avec l’islam.

Ce n’est pas de laïcité qu’il s’agit, c’est des droits humains qui n’existent pas dans l’islam qui sont les vrais enjeux de cette constitution.

Ennahdha n’a jamais caché ses desseins terroristes, mais il n’y a que les tunisiens qui ne les voient pas

Les masques commencent à tomber et les loups commencent peu à peu à dévoiler leurs vrais desseins! Naïfs ceux qui croyaient que les militants d’Ennahdha prônent l’édification d’un État moderne basé sur des lois positivistes! Plus naïfs sont ceux qui ont accordé  confiance à ce parti liberticide et profondément convaincu de la primauté de la loi divine sur la loi humaine et positiviste! Ils ont adopté et respecté les règles du jeu démocratique parce que c’est la voie la plus sûre de parvenir à détenir les rênes du pouvoir! J’ai toujours en tête l’interview que Jebali a accordée au magazine Réalités et où il affirmait clairement qu’ils ne pourront jamais considérer comme licite ce qui est illicite et vice-versa! Encore une fois, je remercie vivement tous ceux qui ont voté pour le CPR dont les têtes de liste sont pour la plupart des transfuges d’ennahdha et pour ETTAKATOL dont le président a jeté aux orties ses principes démocrates et droit de l’hommistes pour être le président fantoche d’une assemblée constituante aussi fantoche puisque la constitution est déjà rédigée par les soins des militants zélés du parti islamiste! Vaste mascarade que ces élections prétendument démocratiques! Nous n’y croyons plus, et nous sommes de plus en plus convaincue que ce pouvoir montre enfin son vrai visage et a l’ambition d’installer une théocratie cruelle et liberticide!
En ce jour du 9 avril 2012, en effet, où tous les Tunisiens auraient dû être unis sous une même bannière pour célébrer les martyrs, morts sur les champs de bataille sous les feux des armées françaises, et pour également se remémorer ceux qui sont morts sous les feux des soldats et snipers de Ben Ali, nous avions découvert une facette de ce nouveau régime, une image que nous pensions bannie à jamais du paysage politique tunisien! La répression a repris de plus belle et les brutalités policières de même! Nous avons vu aujourd’hui, des policiers enragés, des milices forcenées et assoiffées de sang, asséner des coups de matraque frénétiques, visant la tête et les parties génitales des hommes et des femmes, sans distinction aucune ( là, au moins l’égalité des sexes a été respectée) ! Avec pour seul prétexte que la manifestation n’était pas autorisée ! Mais est-ce que l’on peut justifier la violence aveugle? Est-ce qu’on peut tolérer l’acharnement et la brutalité!? Qu’est-ce qu’ils peuvent répondre aux parents de la jeune fille de 25 ans, morte à la fleur de l’âge, pour justifier leur acte? Quel prétexte peuvent-ils invoquer? Nous avions été obligés de la tuer parce qu’elle participait à une manifestation non autorisée! Quelle honte! Quelle arrogance!
Nous croyions que ces pratiques étaient désormais bannies de ce pays qui a vu la naissance de la Révolution que l’on qualifiait à tort de celle du Jasmin! Nous croyions que nous vivions désormais dans un pays qui verra la naissance, pour la première fois dans le monde arabe, d’une démocratie prometteuse! Oh que non! Cette démocratie n’est qu’un leurre, une vaste mascarade! Les mécanismes de la démocratie ont été bel et bien utilisés, pour instaurer une théocratie, une dictature religieuse largement tyrannique, féroce et liberticide! Ne nous voilons plus la face et ne croyons pas en cette vaste supercherie!  PS article daté du 9 avril 2012

La Tunisie est tunisienne, ni arabe et ni musulmane

La Tunisie qui a recouvert  sa dignité un soir du 14 janvier 2011 est aujourd’hui confrontée à un véritable péril qui menace ses fondations sociales, sa personnalité juridique, son identité républicaine et sa souveraineté nationale, voire son devenir humain.

  • L’organisation sectaire d’Ennahdha fait de l’arabisation la pierre angulaire de son projet politique et sociétal pour la Tunisie. Comme si la Tunisie n’a pas son caractère propre qui lui permet de sauvegarder et pérenniser sa propre identité.
  • En quoi son arabisation est porteuse d’espoir et sa tunisification serait porteuse de désespoir pour le peuple tunisien ? Est-ce que ce  modèle de société habillée d’arabisme est la panacée pour résoudre les maux de la Tunisie ?
  • S’il est aussi efficient que cela pourquoi l’arabisation est correlée avec régression et sous-développement ? Tout indique que l’arabisation constitue un modèle importé, étranger à  la Tunisie et en déclage avec les aspirations tuniso-tunisiennes de sonn peuple.
  •  Qui dit arabisation de la Tunisie, dit surtout aliénation de la Tunisie et sa colonisation par un système de pensée idéologique qui vise essentiellement à lui faire perdre son idépendance et son âme.
  • L’arabisation est un processus de mise sous tutelle de la Tunisie au profit des forces tierces dont l’objectif est moins de conforter la dignité des Tunisiens que de la leur faire perdre. L’arabisation n’est rien d’autre que la vassalisation du pays, son intégration dans le nouvel espace wahhabite auquel oeuvrent les islamistes tunisiens.
  • Leur patriotisme se confond avec leur obéissance et leur félonie au  service de leurs bailleurs de fonds soutenus par les Américains.  Le terrain tunisien est miné, des foyers d’incendie peuvent se déclarer à n’importe quel moment.  Le pays n’est pas à l’abri d’un nouveau séisme politique et humain d’une grande intensité. Il faut des pare-feux et des digues pour protéger la Tunisie de la houle arabiste qui la menace dangereusement.
  • En sauvant la Tunisie, on sauve les acquis  hérités de Bourguiba et ceux de sa  Révolution étouffer dans l’oeuf les velléités de la contre-révolution orchestrée par les wahhabites et leurs protecteurs américains.
  •  Les islamistes sont des nervis, des séides, des félons, des pions sur l échiquier du pacte entre l’ Oncle Sam et la glaive wahhabite. Ils veulent la faire avorter au nom de l’arabisation symbole de la réaction et l’archaisme afin qu’elle ne serve pas d’exemple pour les autres peuples soumis à l’ Islam. L’exemple libyen en est la meilleure illustration.
  • En effet, la  Révolution libyenne qui était au départ une Révolution était devenue en cours de route une contre-Révolution pilotée par les Américains. Ce n’est pas la petite principauté du Qatar qui l’avait sponsorisée ce sont leurs maitres saoudiens qui l’avaient fait en sous mains surtout qu ils avaient un compte à règler avec Khaddafi qui les avaient traités un jour au Caire lors d’un Sommet de la Ligue Arabe de « gros porcs ». Le pire affront que l’on puisse infliger aux islamistes polymorphes et anthropomorphes. Le soulèvement populaire  chiite du Bahrein avait été maté par les Saoudiens avec des menaces à peine voilée des Américains qui avaient peur pour leurs intérets géostratégiques menacés par leur grand ennemi iranien.
  • N’oublions pas non plus le rôle joué par les  mêmes Américains dans l’avènement du F.I.S.en Algérie trraités par le Département d’Etat américain comme s’ils étaient les maitres d’Algérie. Ce vote est national et patriotique. Voter pour les islamistes c’est voter pour la nouvelle alliance entre les Wahhabites et les Américains dont Sarkozy et Cameron sont les V.R.P. de luxe. Les nouveaux Daladier et Chamberlain du XXI ème siècle. Dois-je rappeler que le scrutin tunisien est lié au prochain scrutin présidentiel en France de 2012 ? Qui a fait des islamistes qoutbistes de l’ U.O.I.F. les indignes représentants de l’Islam en France, ce qui est une hérésie ? C’est Sarkozy. Savez-vous pourquoi  ils avaient appelé à voter en 2007  lors de leur rassemblement annuel au Bourget dans la même année ? Pour Sarkozy. Qui est le cofondateur de l’U.O.I.F. c est bien le terroriste Rached Ghannouchi auquel Alain Juppé, homme politique chevronné et respectable, a octroyé un satesficit d’honorabilité et de fréquentablilité.
  • De même que le comportement indécent et caractéristique d’un délit d’ingérence dans les affaires internes d’un Etat souverain  en violation de la Convention de Vienne du barbouze Bouillant des eaux nauséabondes ne peut que conforter la thèse du complot contre-révolutionnaire.  
  • Nous avons aujourd hui suffisamment d indices tangibles quant à la réalité avérée du complot ourdi contre la Tunisie qui en réalité sert d alibi pour atteindre l’Algérie. Les autorités algériennes qui se surarment passant au rang du 10 ème pays importateur d’armes en 2010 ne sont pas dupes dans le cas d espèce.
  • Elles savent que ce sera l Algérie la vraie cible des appétits hégémoniques conjugués entre l’Orient wahhabite soutenu par le Département d Etat américain et l’Occident sous le commandement miltaire de l’O.T.A.N. et en proie à la crise grecque et ses conséquences sur sa dette souveraine et les inquiétudes liées à la dégradation de sa note de crédit par les agences de notation surtout en ce qui concerne la France, la prochaine cible de ces agences, et la Grande Bretagne.  
  • Les enjeux géopolitiques et géostratégiques de ces élections dépassent le cader tunisien. Jamais les Américains n ont été aussi présents dans les affaires tunisiennes, tel que le chassé croisé Tunis-Washington entre entre les officiels américains et  Béji Caid Essebssi et les membres de l’ organisation sectaire et teroriste d’Ennahdha en est la parfaite illustration.
  • Leur intéret manifesté  pour les élections tunisiennes n’a rien de fortuit, il est dans la droite ligne de leur  vieux reve de Croissant arabe sous le joug de la  Pax América dominé par leur dominion saoudien et duquel seront éjectés la France et l’Angleterre.  
  • Les électeurs tunisiens doivent etre conscients que chaque bulletin de vote déposé dans l’urne en faveur des affidés wahhabites est un bulletin pour l’intégration de la Tunise dans la sphère d’ influence américano-saoudienne et de sa vassalisation au nom de sa soi-disant arabisation, comme si cette arabisation est une réponse aux maux du sous-développement, une solution à la crise de l’emploi, la cherté de la vie, le mal-être. Une arabisation destructrice de la vie humaine.
  • L’arabisation qui est le cheval de bataille de la secte félonne d’Ennahdha sous-entend wahhabisation de la Tunisie. Synonyme d’un Islam ultra-rigoriste, littéraliste, totalitaire, mortfifère pour les libertés humaines. Un Islam inégalitaire, despotique, celui du règne de l’arbitraire et de la cruauté humaine, régressif et obscurantiste.
  • Un Islam oligarque. Anti-républicain, antidémocratique, anti-national et anti-souveraineté populaire.  Sa wahhabisation nest rien d’autre qu’ une dissolution de son âme et la perte de son identité.
  • L’arabisation n’est rien d’autre non pllus que la perte de son indépendance politique et la transformation de son ordre juridique et de ses institutions sur la base de la loi canon de la charia en vue de son intégration en tant qu’Emirat dans le grand Califat en gestation sous la houlette turco-wahhabite.En conclusion, dans la sémantique islamique, arabiser ne signifie pas renforcer l’enseignement de la langue arabe, mais tout simplement acccroître l’islamisation d’un pays. L’ihistoire se répète après le premier épisode de l’arabisation de la Tunisie au XI ème siècle et sa barabrie, vient aujourd’hui l’épisode de sa réislamisation sous la houlette wahhabite.
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Seul Ben Ali peut sauver la Tunisie c’est son oracle Sidi Mezri qui l’a dit

Ben Ali c'est Fini 2
Ben Ali c’est Fini 2 (Photo credit: marcovdz)

Selon les nostalgiques de Ben Ali  et négationnistes dogmatiques de la révolution tunisienne: les tunisiens n’ont jamais été les artisans de leur révolution du 14 janvier 2011.

Dénigrant avec morgue et mépris  ainsi les capacités de ce peuple à rompre les chaînes du despotisme de l’ancien régime et reprendre en main dans la dignité son destin politique.
 Aveuglés par leur antipatriotisme et leur haine de la Tunisie, ils allèguent  sans apporter la preuve matérielle et irréfutable quant au bien fondé de leurs assertions  que les tunisiens meurtris et blessés pourtant dans leur chair et leur âme furent des simples spectateurs d’un jeu de cirque romain où quelques spectateurs ont été envoyés dans la fosse aux lions pour agrémenter le spectacle, ayant fini déchiquetés et blessés.
Comme si tous ces morts et ces blessés  n’étaient en fin de compte qu’une péripétie, un détail dérisoire, faisant partie du spectacle que des metteurs en scène et des scénaristes non-identifiés avaient réalisé pour égayer et distraire le bon peuple tunisien. « Un conte de fées pour adolescents » comme le disait quelqu’un, comme s’il pouvait exister un conte de fées pour adolescents !
Emporté par son élan négationniste, il oublie que ce conte de fées est qui est l’un des plus morbides de l’histoire de la Tunisie et la résultante de l’état de fièvre intolérable et récurrent  du pays depuis  1978, qui s’est aggravé au cours de ces dernières années. Comme si les conditions n’étaient pas réunies pour porter le coup de grâce à un des pires régimes liberticides au monde. Comme s’il n’y avait pas assez de plaies pour le gangrener et l’achever.
En nier l’existence et les occulter, ce n’est pas faire preuve de mauvaise foi évidente, mais se rendre tout simplement complice de crimes politiques et économiques contre le peuple tunisien. Tous les maux dont ce peuple a souffert ont été les vrais facteurs déclencheurs de sa révolution.
Ce qui a causé la chute de Ben Ali, a servi de catalyseur à la révolution tunisienne. Affirmer que la révolution tunisienne est manipulée de l’étranger c’est insulter l’histoire des révolutions, qui sont nées des luttes sociales et politiques. Il y avait .suffisamment d’ingrédients pour une bombe sociale et politique pour sonner le glas du régime de Ben Ali. On peut tordre le cou aux idées mais très difficilement aux faits étalés au grand jour. Qui peut prétendre encore que l’étincelle de  Mohamed Bouazizi ne pouvait pas servir pour allumer le brasier tunisien et douter de l’existence des plaies ci-après : chômage, massif, cités urbaines pestiférées, inégalités sociales criardes, corruption, censure, absence de liberté de la presse et d’expression,  privilèges exorbitants, rente de situation à la famille Ben Ali et ses alliés les Trabelsi, expropriation inique,  développement régional inégal, paupérisation rampante des classes moyennes, misère, népotisme, favoritisme, clientélisme, absence de politique d’insertion professionnelle des jeunes diplômés, culte de personnalité, police politique, milice privée, Etat-policier avec un rapport de moins d’un policier pour 100 habitants, parti Etat, viabilisation illégale des sites protégés et leur attribution gratuite au profit des caciques du régime, racket institutionnalisé avec le 26-26, répression sévère des opposants, emprisonnements arbitraires, disparitions inexpliquées, torture, injustice, abus de pouvoirs, détournements des biens sociaux, mise en faillite des banques publiques et des entreprises nationales, prêts bancaires non remboursés, appels d’offres truqués, biens mal acquis, évasion des capitaux, privatisation galopante de la Tunisie au  profit de la mafia Ben Ali-Trabelsi.
Bref un pays entier spolié et mis sous coupe réglée d’une organisation mafieuse de type Camorra napolitaine. Mais les nervis de l’ancien régime n’en ont pas cure de tout cela, seule leur contrevérité doit primer sur les évidences. Pour eux Ben Ali est blanc comme neige, il est victime d’un coup d’Etat.et les tunisiens qui n’avaient aucune raison de le dégager sont les dindons de la farce, dupés, trompés, dolés, victimes d’une supercherie politique orchestrée par les ennemis de l’ombre.
Toujours la rengaine de la théorie du complot. On leur a juste fait croire qu’ils ont été acteurs alors qu’ils ne sont que de simples spectateurs d’un jeu de cirque imaginé, initié et orchestré par les Yankees et leurs régisseurs locaux les « cyber collabos ». Qui va  souscrire en toute naïveté à une thèse aussi nauséabonde et obséquieuse ?
La couleuvre est trop grosse pour être avalée. Elle est trop indigeste pour être digérée sans rejet. Personnellement, je croyais que mes deux neveux sont des blessés de la révolution, il va falloir que Ben Ali nous explique, lui qui a fait de la sécurité son dogme religieux, pourquoi a-t-il laissé des snipers, des tireurs isolés; venus de l’étranger tirer impunément sur nos compatriotes ? Qu’ont fait sa police et sa milice pour défendre les citoyens ?
Pourtant des témoignages dignes de foi et de source fiable, m’ont rapporté que la veille de la chute du despote, l’hôpital de Ben Arous ressemblait à un hôpital de campagne. Un proche parent, officier dans la Garde Républicaine, m’a rapporté qu’il avait ressenti dans cet hôpital la résurgence de l’atmosphère de Sabra et Chatila où il y était en tant qu’observateur pour les Nations Unies.
Toutes ces plaies symptomatiques de l’état avancé de la décomposition du pays depuis 1978  ne sont donc qu’un tissu de mensonges, une vue de l’esprit, hallucinées, imaginaires, « un conte de fée pour adolescents », une calomnie éhontée dont serait victime le despote déchu.
Occulter le fait révolutionnaire, pour mieux discréditer le peuple tunisien, tel est le but inavoué. Si la Tunisie était livrée aux chasseurs pendant un mois, est-ce la faute au peuple ou à la faillite, ou la complicité passive ou active de Ben Ali ? Ou tout simplement parce qu’il en était le commanditaire intéressé ? Quel crédit peut-on donner à un homme qui a pillé le pays et affamé son peuple ?
Les tunisiens avaient mille et une raisons de se soulever contre le Néron de Carthage. Même si le prix à payer est très amer. Ils n’ont pas à rougir de honte et avoir des remords de l’avoir faite. Ce qui se passe aujourd’hui est le contrecoup obligé, les lendemains qui déchantent qu’ont connues toutes les grandes révolutions.
La France de 1789 a elle aussi connu sa période de Terreur avant de se remettre en ordre de marche. Rien ne doit résister à l’examen de la réalité des faits quand on a été soi-même témoin de cette belle page de la Tunisie où mon propre neveu, blessé de cette révolution, a vécu pendant 2 semaines avec une balle de gros calibre 9 mm logée dans sa poitrine. A moins que cela ne soit une fabulation de ma part. C’est peine perdue, ce qui ne fait pas de doute, mon neveu  portera à tout jamais les séquelles de cette balle symbole de son implication directe dans cette révolution. De même qu’il sait que le tireur qui a failli le tuer un jour du 12 janvier  vers 18 h à Hammam -Lif est un ressortissant tunisien, fonctionnaire de police  de son état et ancien chef du bureau de poste de police de la localité du même nom ?
Ben Ali, l’homme par qui tous les malheurs tunisiens sont arrivés, n’est-il pas responsable de la sécurité de son peuple ? Sauf qu’il avait déjà soldé la Tunisie au profit des mentors de la nouvelle mafia qui sont comme par hasard ses hôtes bienveillants. Adhérer à une thèse aussi grotesque, révisionniste et négatrice de la révolution tunisienne, c’est innocenter Ben Ali de tous ses crimes et méfaits et mettre une chape de plomb sur les le cancer à l’état de métastase de la Tunisie. Faire de de Ben Ali une victime, c’est  d’une part légitimer la secte d’Ennahdha et d’autre part  délégitimer le peuple tunisien.
Qu’il n’en déplaise aux Cassandre et rabat-joie, les tunisiens ont bien fait leur révolution, mais comme les iraniens autrefois, ils ont été dépouillés de leur bien contre leur plein gré.
Leur contester la paternité de leur révolution, c’est le pire affront qu’on leur inflige et revient à leur dénier le droit à la dignité, justice, liberté, leurs idéaux révolutionnaires. Un peuple sans idéal est un peuple sans âme.

La Tunisie tombée dans le piège de la transition : de la république humaine à la barbarie musulmane

Dès le lendemain du14/01/ 2011 et le départ burlesque  de Ben Ali digne des grandes intrigues policières romancées de Grorges Simenon,  la Tunisie a fait fausse route où l’on a continué à faire du neuf avec de l’ancien en dépit de tout bon sens politique et juridique indispensable pour conférer une validité juridique à tous les actes fondant la nouvelle architecture institutionnelle

En d’autres termes, il est légitime et fondé de considérer que toutes les instances initiatrices et organisatrices du nouveau projet politique tunisien constitueraient une aberration institutionnelle et un véritable déni de démocratie.

Elles ont agi comme si elles étaient détentrices de délégation de service public, notamment en ce qui concerne les modalités d’organisation du scrutin électoral de l’Assemblée Nationale Constituante, sujettes à caution.

Comme si le tailleur en l’occurrence l’I.S.I.E. cherchait plus à déshabiller le peuple tunisien au profit de la secte d’Ennahdha en lui taillant un habit sur mesure en faisant preuve d’une mansuétude et de bienveillance surprenantes et inquiétantes quant à l’avenir politique des plus théocratiques qui se dessine pour la Tunisie. Ni sanction, ni rappel à l’ordre, ni de mesure de rétorsion à l’égard de la secte d’Ennahdha comme si elle bénéficiait d’une immunité politique et juridique lui permettant d’enfreindre en toute impunité le code électoral ou à à défaut le cahier des charges électoral à supposer qu’il y en ait un.

En aucun moment Ennahdha n’a fait l’objet d’une quelconque remontrance de la part de cet organe, comme s’il était là pour baliser la voie et déblayer le terrain pour elle. Un organe arbitral tel un arbitre d’une rencontre de football entre deux équipes  qui fait preuve d’un zèle étonnant à vouloir siffler les fautes de l’une tout en oubliant les  fautes caractérisées de l’autre qui ont pourtant émaillé tout le match.

Parmi ces innombrables bavures qui ont dû avoir un impact sur la sincérité du résultat. on trouve l’instrumentalisation de la religion, le dévoiement des mosquées, les menaces de mettre le pays à feu et à sang si le résultats du match n’étaient pas conformes à ses attentes, les intimidations, les sources étrangères de financement de sa campagne, les tentatives de corruption, les cas de corruption avérés etc.

On ne peut que s’interroger sur le silence trouble de toutes ces instances qui répondaient plus à des besoins occultes, obscurs  et inavoués qu’aux besoins du peuple tunisien lui-même. La démocratie n’a de sens que si ses représentants sont mandatés. Or, dans le cas d’espèce, ces instances sont apparues une brèche ouverte dans le projet  barrage  que les Tunisiens voulaient bâtir entre le despotisme et le démocratisme citoyen.

A se demander si ces instances n’étaient pas comme ces organes judiciaires chargés de procéder à la liquidation des entreprises après les avoir vidées de toute leur substance. En effet, la ressemblance est assez frappante  au vu des modalités abscons de leur création, du choix des équipes censées les animer, de leur mode de fonctionnement interne, de leur prétendue  indépendance pour afficher une légitimité de façade  dont elles se sont affublées et de leur statut juridique ambigu qui est en tout état de cause doit relever du champ du droit public tunisien dont elles se sont dotées, en s’auto-octroyant ainsi un pouvoir exorbitant, inepte et sans fondement légal sérieux. Elles avaient agi sans aucune légitimité politique, ni démocratique moins dans le sens de l’intérêt commun que dans l’intérêt des commanditaires privés en combinant cela avec l’exaltation de leurs egos personnels.

La seule légitimité dont elles pourraient réellement se prévaloir est l’opacité et le clientélisme à l’origine de leurs mises en place par des procédures entourées d’un grand flou juridique y compris celle du recrutement des membres auto-proclamés. Il y a fort à parier que lesdits membres ont dû être choisis selon un système de cooptation et de favoritisme, apparenté à ce qu’on appelle trivialement un système de copinage. Ce qui démontre d’emblée le caractère népotique et antidémocratique de ces instances. Au lieu d’être l’expression de l’éveil démocratique en Tunisie et marquer une rupture avec le passé despotique avec des structures sociales et politiques fondées sur l’intérêt particulier et les relations interpersonnelles, elles n’ont fait en réalité que le reproduire sous une autre forme les habitus tels que les définissent Bourdieu.

Le particularisme des instances électorales et la haute instance n’est pas sans rappeler celui du C.I.O. au lieu d’être représentatif de la grande famille olympique, des Comités Olympiques Nationaux, il s’est recruté lui-même par l’élection des personnalités jugées qualifiées. Ce mode de recrutement est de cours au sein de la Croix Rouge Internationale est connu sous le nom de « self recruiting body » que certains qualifieraient de « self-perpetuating body ».

Un système faisant la part belle à l’arbitraire, à la subjectivité, la partialité, l’excès de pouvoir, un club de copains, sectaire et occulte.  Pourquoi la nouveau paysage démocratique qui se profile en Tunisie au lendemain du 14 janvier 2011 a t-il nécessairement besoin d’une phase transitoire, d’un passage graduel qui le fait passer d’un état à l’autre ?

Une révolution ne transite pas en principe, elle est supposée provoquer un séisme politique, institutionnel et culturel dans le pays, elle transforme le pays de fond en comble avec une soudaineté inattendue sans filet protecteur ni garde-fous pour lui faciliter l’accès à une nouvelle étape. Quand un séisme frappe un pays dès le lendemain on s’attache à déblayer le pays de ses décombres sans délai d’attente. Il n’a pas à se trouver dans une gare de triage pour qu’on lui signale la voie qu’il doit emprunter pour rejoindre sa nouvelle destination.

De même qu’une révolution n’a pas à être accompagnée ou pilotée par des experts autoproclamés pour l’insérer dans un processus transitoire devenu la seule alternative par leur seule volonté qui n’est en aucun cas représentative de la volonté générale.  Un véritable déni de démocratie. Comment ces instances peuvent-elles alléguer tirer leur légitimité de la volonté générale alors qu’elles ne sont que l’expression d’une stratégie opportuniste et clientéliste ?

La représentativité ne se décrète pas, elle s’octroie. C’est le donneur d’ordres dans le cas d »espèce le peuple tunisien  qui en fixe les modalités, le contenu et les objectifs. Il l’accorde à qui il veut selon ses propres critères et en fonction de ses propres besoins. Une représentativité qui enfreint ce principe d’habilitation ne peut qu’être qualifiée que d’imposture et d’usurpation de pouvoir.  Il ne peut y avoir de représentativité qui ne reflète pas la volonté de celui au nom duquel on est censé agir.

Une représentativité non-fondée sur la volonté de celui qui la dicte n’est rien d’autre qu’une représentativité viciée juridiquement et dont les effets sont nuls et non avenus.  Les dérives antidémocratiques dont se sont rendues coupables ces instances  et leur confiscation éhontée d’un mandat non octroyé et non validé par le peuple lui-même ne peuvent qu’être l’illustration parfaite du piège du processus contre-révolutionnaire dans lequel s’est enlisé la Tunisie.

« Quand on veut enterrer un problème, on crée une commission » disait Georges Clémenceau et quand on veut casser l’élan d’une révolution on crée des instances chargées pour lui couper les ailes afin de lui inoculer les germes contaminés de la contre-révolution. Il est étonnant que toutes ces instances aient pu en toute latitude et liberté exercer un pouvoir au nom du peuple tunisien en l’absence d’un moindre consentement de la part dudit peuple et ce sans que cela n’ait heurté la vox populi. 

Elles ont accompli des missions de caractère de service public et réglementaire, voire quasi-législative pour la Haute Instance présidée par Yadh Ben Achour, dans un flou juridique total.

Elles semblent qu’elles ont elles-mêmes défini leur propre champ de compétences  avec leur propre cahier de charges et la nature de leurs prérogatives sans l’intervention des autorités gouvernementales de transition, une véritable hérésie politique, les seules fondées juridiquement à émettre des décrets lois ou émettre les ordonnances nécessaires à leur bon fonctionnement.  On ne peut qu’être interpellé par la nature juridique de ces instances et la validité légale de leurs actes.  Qui leur a conféré le pouvoir d’agir au nom du peuple tunisien ? Qui les a dotées de cette personnalité juridique dont elle ses sont prévalues ?  Si l’acte fondateur provient de l’autorité gouvernementale de transition cela ne doit pas les exonérer de leurs devoirs de se soumettre à son contrôle ? Ces questions  et bien d’autres qui peuvent paraître superflues mais dont l’examen est indispensable pour déceler les mécanismes pernicieux et pervers de l’échec de l’avènement de la démocratie en Tunisie.

En toute évidence, un tel désordre juridique et une telle désarticulation institutionnelle ne peut que déboucher inévitablement sur un chaos politique tel qu’on l’a constaté lors de la phase d’inscriptions sur les listes électorales et la confusion coupable entre la C.N.I. et la carte d’électeur. 

 Ces instances de non-droit à défaut d’avoir contribué à l’éclosion de la démocratie en Tunisie, elles ont plutôt préparé sans qu’elle le veuille à la mise en oeuvre de la graduation progressive de la prise de pouvoir par la secte d’Ennahdha.

Si transition il y a c’est plus pour servir les desseins d’Ennahdha et ses marionnettistes étrangers. Il fallait mettre la main sur le guidon de la révolution  sans visages sauf ceux de ses vicimes et blessés et y aller crescendo en préparant le terrain pernicieusement et institutionnellement au sacre d’Ennahdha. Ce qui aurait pu être un coup d’Etat de palais selon un scénario d’un film de série noire américaine, avec des acteurs de l’ombre qui intriguent pour assouvir leurs sombres desseins, on l’a habillé  subtilement de l’habit révolutionnaire afin que cette révolution n’ait pas l’allure d’un coup d’Etat organisé au profit des seuls islamistes tunisiens couvés par la Maison Blanche,enrobé par un zeste de démocratie avec des faire-valoir tels le C.P.R. et Ettakatol. 

Il n’en reste pas moins que l’architecture juridique tunisienne telle qu’elle est apparue au lendemain du 14 janvier 2011 est l’exemple type de l’Etat de non-droit. Caractérisée par une certaine forme forme d’ inefficience et d’anachronisme juridique. Celui du règne de l’arbitraire et de l’absence d’un ordre juridique hiérarchisé indispensable pour le bon fonctionnement des institutions.

Toutes ces instances chargées de la mission de l’accompagnement politique de la Tunisie dans le cadre de sa période de transition démocratique se sont trouvées à prendre des décisions de caractère public et de portée générale surtout en ce qui concerne les modalités du scrutin électoral du 23 octobre 2011 et à édicter des règlements quasi-législatifs sans qu’elles aient la moindre qualité juridique requise. Subséquemment, il est permis de douter de leur légitimité juridique. Dans un Etat de droit, elles peuvent être frappées de nullité.

La Tunisie s’est retrouvée, tel une hydre à trois têtes voire 4 avec les dérives sectaires incarnées par le mouvement d’Ennahdha, avec des organes juxtaposés et concurrents entre eux sans qu’il y ait des règles précises établissant une stricte hiérarchie entre eux.

Chacune se veut indépendante de l’autre sans que cela ne soit établi par un quelconque texte quasi-législatif que seul le gouvernement est en droit de l’édicter. Paradoxalement, c’est le gouvernement dont elles veulent se démarquer politiquement et réglementairement en termes d’ exercice de pouvoir et dans leurs propres statuts, à supposer qu’elles en aient, qui leur confère de surcroît leur acte de naissance juridique et partant de là la pleine mesure de leur identité politique.

Cela relève de la schizophrénie juridique. En tout état de cause et quelle que soit la nature juridique de l’acte à l’origine de leurs créations, cet acte ne peut correspondre à la volonté générale dont il n’est pas l’émanation, loin s’en faut et satisfaire ainsi aux exigences des règles du droit public tunisien. Compte-tenu de la portée politique d’un telle mission confiée avec légèreté et un manque flagrant de transparence et de rigueur démocratique absolument indispensable dans le cas d’espèce, nonobstant ses conséquences incommensurables pour l’avenir juridique et politique de la Tunisie, nul ne saurait prétendre que tout a été fait dans le respect de la morale politique et du droit.

La question de légitimité juridique et politique du gouvernement de transition n’est pas dénuée d’intérêt non plus du fait qu’elle touche au fondement même de la mise en place du processus démocratique en Tunisie. Il n’en demeure pas que l’opinion semble s’en être accommodée en lui conférant une légitimité plus ou moins explicite.

Mais toutefois, on ne peut se garder de s’interroger sur la validité juridique des actes commis par le gouvernement de transition. Rien ne saurait prouver que la période post-14 janvier 2011 s’inscrit dans la suite logique de sa révolution et dans l’esprit des exigences d’un Etat de droit.

En effet, une révolution qui est par définition un séisme politique, une rupture totale avec le passé en termes de changements profonds dans les structures politiques, juridiques, institutionnelles, organiques ne doit pas donner lieu à un désordre juridique et institutionnel qui lui-même doit configurer et dessiner le nouvel habillage constitutionnel de la Tunisie.

En définitive, une révolution doit donner lieu immanquablement lieu à un nouveau contrat social entre les dirigeants bénéficiant d’une légitimité révolutionnaire et donc politique et le peuple souverain maître de son destin politique et propriétaire légitime du pouvoir que lui seul peut le concéder sous forme de mandats selon les modalités politiques et juridiques conçues ordonnées et définies par lui.

Tous les actes accomplis en son nom se trouvent ainsi revêtus du sceau de légitimité démocratique. Or, on ne peut qu’exprimer des sérieuses réserves quant à la validité juridique des actes fondateurs du scrutin tunisien et de la viabilité de sa démocratie qui de surcroît sert de transition vers la création d’un régime théocratique.

Ainsi, la transition prend tout son sens avec le passage d’un régime républicain, avec un ordre juridique de droit positif